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26 oct 2014 | Non classé

Troubles d’apprentissage: agir le plus tôt possible | Le Devoir

Photo : Jacques Nadeau Le Devoir
Ce texte fait partie d’un cahier spécial.


Des échecs scolaires répétés, des périodes de devoirs interminables, des difficultés qui semblent insurmontables… jusqu’à ce qu’on se rende compte que l’enfant est dyslexique. Touchant quelque 800 000 Québécois, la dyslexie fait partie des troubles d’apprentissage qui se caractérisent par des difficultés persistantes à apprendre et par des retards au niveau du développement des apprentissages.
 
Contrairement aux idées reçues, les troubles d’apprentissage touchent des jeunes au quotient intellectuel élevé, rappelle tout d’abord le neuropsychologue Dave Ellemberg, professeur à l’Université de Montréal. Le problème ne vient pas des facultés intellectuelles de l’enfant, mais bien d’un déficit neurologique qui touche des régions spécifiques du cerveau : l’aire de Broca, associée à l’apprentissage de la lecture, ou encore la région pariétale du cerveau, associée à l’apprentissage des mathématiques. « Et ce déficit va les empêcher de réussir à la hauteur de leur potentiel, malgré leurs belles capacités intellectuelles », poursuit-il.
 
Les plus connus sont la dyslexie, qui consiste en un déficit du processus d’identification et de production de mots, accompagnée de la dysorthographie, qui est liée aux difficultés d’écriture. À cela s’ajoute la dyscalculie, qui affecte l’apprentissage des mathématiques. Mais il y en a d’autres, débattues, méconnues ou ignorées, donc plus difficiles à encadrer, comme la dyspraxie, qui touche les habiletés motrices, les troubles de la mémoire, « souvent confondus avec le trouble du déficit d’attention », précise Dave Ellemberg, les dysfonctions non verbales, qui peuvent affecter les relations sociales, ou encore la dysphasie, qui touche la communication.
 
Ne pas confondre problèmes et troubles
 
Notons également que ce ne sont « pas tous les problèmes d’apprentissage qui sont des troubles », précise Line Laplante, professeure au Département de didactique des langues à l’UQAM. « Un jeune peut avoir deux ou trois ans de retard en lecture ou en écriture, sans que ce soit dû à un déficit d’ordre neurologique. » Pour identifier le trouble, il s’agit donc, dans un premier temps, de s’assurer que les difficultés scolaires ne sont pas dues à des facteurs psychologiques, sociaux ou environnementaux, comme un deuil, une situation d’intimidation, un manque de motivation ou de stimulation. Pour cela, l’idéal est de s’assurer en contexte scolaire d’un travail d’évaluation interdisciplinaire : « L’orthopédagogue évalue l’apprentissage scolaire, le psychologue, les capacités cognitives, et l’orthophoniste, les capacités de langage oral », dit Nathalie Chapleau, professeure au Département d’éducation et de formation spécialisées de l’UQAM.
 
Le neuropsychologue, quant à lui, peut poser un diagnostic différentiel. « On évalue l’ensemble des différentes fonctions du cerveau importantes pour apprendre : les capacités de raisonnement, de logique, d’abstraction, pour s’assurer que l’intelligence est intacte. On décortique la mémoire à court terme, l’attention soutenue, divisée ou sélective, l’organisation, les fonctions cérébrales exécutives, la gestion de l’information et, ultimement, la lecture, l’orthographe, les mathématiques », dit Dave Ellemberg. À l’appui, les techniques d’imagerie cérébrale, de moins en moins invasives, permettent d’évaluer des enfants en situation d’apprentissage.
 
Et, contrairement aux difficultés d’apprentissage liées à des facteurs psychologiques ou sociaux, ou encore aux autres troubles, comme celui du déficit d’attention, le trouble d’apprentissage, lui, persiste malgré les efforts, les conseils et les médicaments.
 
Est-ce à dire que l’enfant est condamné à échouer ? Loin de là, car nombre d’intervenants, de stratégies et d’outils sont à la disposition des jeunes pour les aider à contourner, surmonter et pallier leur trouble. « Un myope est une personne qui voit mal, à laquelle on donne des lunettes pour mieux voir. Le même principe s’applique aux jeunes dyslexiques », estime Annie Parenteau, orthopédagogue et membre de l’Association québécoise des troubles de l’apprentissage (AQETA).
 
Quelles sont ces béquilles ? En première ligne, les orthopédagogues disposent dans leur besace de façons de travailler, de trucs et de conseils. « On peut, par exemple, segmenter la tâche en plus petites unités, demander à l’enfant de lire paragraphe par paragraphe et de faire un résumé, dans ses mots, de ce qu’il a compris », dit Annie Parenteau.
 
Autre proposition d’apprentissage, prônée notamment par Nathalie Chapleau : les stratégies de compensation. « Puisque ces jeunes utilisent beaucoup le sens, j’utilise la morphologie dérivationnelle : à l’intérieur des mots qui ont plusieurs syllabes, certaines parties de mots, comme les préfixes et les suffixes, ont un aspect sémantique associé. » Line Laplante, quant à elle, a travaillé sur des outils pour l’enseignement efficace de la lecture, en vue de leur diffusion auprès des enseignants. Mais il peut aussi s’agir de plans d’aménagement, comme le fait de donner plus de temps pour lire, pour terminer un travail ou même un examen. Les outils technologiques ont également connu de belles avancées, comme les dictionnaires électroniques, les correcteurs orthographiques, les logiciels de suggestion de mots ou de synthèse vocale.
 
« Plus la population est au courant de ce qu’on peut faire, meilleur est le pronostic pour notre future génération de travailleurs », dit Annie Parenteau. Et les résultats sont là pour le prouver : le diagnostic d’un trouble et la mise en place d’un plan d’intervention peuvent faire passer d’une situation d’échec à des résultats de 75 ou 80 %. « Avec des ressources et un suivi, un jeune a toutes les possibilités de poursuivre son parcours scolaire avec succès », dit Nathalie Chapleau. Et, au-delà de l’école, un dyslexique peut devenir avocat, bibliothécaire, comédien, accéder à une profession qu’il aime et dans laquelle il est compétent.
 
Un diagnostic tardif
 
Quant au bon moment pour poser le diagnostic, tout dépend du trouble. Alors qu’une dysphasie peut déjà être repérée à l’âge de trois ans, la dyslexie est habituellement évaluée après deux ans d’école, pour pouvoir constater un décalage entre ce que l’élève a appris et ce qu’il aurait dû apprendre. Mais il faudrait que ce soit encore plus tôt, estime Dave Ellemberg. Dès l’âge de quatre ans, un enfant dyslexique n’a pas la même conscience phonologique que les autres, ce qu’on remarque en faisant des jeux de mots, de rimes ou de sons. Un cochon qui joue avec un ballon tout rond ? « Un enfant de quatre ans va trouver ça drôle, alors qu’un enfant dyslexique aura du mal à comprendre », précise Nathalie Chapleau. Or, pour que le jeune ne perde aucun jalon de son apprentissage, le plus tôt est donc le mieux. « On a tout intérêt à mettre en place les outils le plus tôt possible, dit Annie Parenteau. La prévention porte ses fruits. »
 
Aujourd’hui, vu que les troubles d’apprentissage sont de mieux en mieux connus et encadrés, Line Laplante se réjouit du fait que, « à l’université, la proportion des étudiants qui présentent un trouble d’apprentissage va en augmentant. Ça veut dire que tout le système scolaire qui précède l’entrée à l’université a réussi à fournir à ces personnes des mesures d’aide suffisantes pour progresser. »

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